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Nicolas, déraille-t-il ?

Au moment, où les Américains parlent de quitter l'Afghanistan en 2011, que les Anglais, les Hollandais et les Canadiens parlent également du retrait de leurs troupes, Nicolas Sarkozy persiste et signe : "La France restera engagée en Afghanistan, avec ses alliés, aussi longtemps que nécessaire et aussi longtemps que le souhaitera le peuple afghan".

Mais comprend-il ce qu'il énonce ?

Le peuple afghan n'a jamais souhaité et n'a jamais exprimé le souhait de voir sur son territoire des troupes américaines ou françaises ! Bien au contraire. Le peuple afghan ne cesse de combattre ces troupes avec une violence croissante. Car (et il ne faut pas l'oublier) les talibans c'est aussi le peuple afghan. Par ailleurs, il ne faut pas croire non plus qu'il n'y ait que les talibans qui combattent contre les forces de la coalition. Ils sont aidés par la population et l'armée afghane reste peu fiable (les cas de désertion restent fréquents, parfois même les soldats afghans tirent sur les coalisés). Par conséquent, si l'on doit suivre à la lettre la phrase du président de la République, les troupes françaises devraient quitter l'Afghanistan sur le champ.

« Chaque jour, on nous annonce le retour des talibans, comme si les jeux étaient faits, comme si nous allions abandonner le peuple afghan », poursuit Nicolas Sarkozy.

Non, bien sûr, les jeux ne sont pas faits ! Seulement, d'après le Conseil international sur la sécurité et le développement (Icos), la part du territoire de l'Afghanistan sous « influence permanente » des insurgés en 2009 a été estimé à 97% contre 72% en 2008. La question qui se pose : les forces internationales servent-elles à quelque chose ? (Il faut avouer que les Soviétiques ont obtenu pour la même période de leur présence en Afghanistan de meilleurs résultats et cela malgré une aide militaire extérieure aux insurgés).

M. Sarkozy oublie également qu'il ne s'agit plus de combattre les talibans mais de passer à une politique de réconciliation nationale, c'est-à-dire à une politique de réconciliation avec ces mêmes talibans qui d'après lui « ont fait dans le passé des milliers de victimes afghanes qu'ils continuent de faire ».

Mais les forces de la coalition ont également fait des milliers de victimes afghanes (sans compter les talibans) qu'il est d'usage de citer en tant que « dommages collatéraux » ou de « bavures » de la coalition: selon les Nations Unies, par exemple, rien qu'en 2008, 2 118 civils (y compris femmes et enfants) ont été tués dans des violences, en majorité au cours de bombardements des forces internationales.

Cependant, M. Sarkozy renchérit : « Nous avons des objectifs politiques réalistes (...), c'est une transition progressive et ordonnée ». Il est difficile de croire que M. Sarkozy soit au courant des objectifs politiques dont il parle. Comprend-il seulement la réalité de ce pays où il est encore prématuré de parler de transition quelconque et où l'on a affaire à un gouvernement fantoche et corrompu mis en place par les Américains?

 

S. de Sertati



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16/09/2010
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